Mardi 24 novembre 2009
Je ne suis pas sûr que ce titre soit le plus ajusté à ce que je veux brièvement partager mais s'il vous a invité à venir lire ces quelques lignes alors c'est déjà cela !
Je veux tout simplement vous proposer de lire la déclaration ci-dessous qui nous vient de deux évêques français accompagnateurs l'un et l'autre de l'Arche de Jean Vanier, l'un au niveau international, l'autre sur le plan national.
Tous deux prennent ensemble la parole pour réagir à un avis du Comité consultatif national d'éthique en date du 23 novembre 2009 et au projet de loi sur l'euthanasie.

Je sais combien ces questions sont compliquées ; mais nous ne pouvons ignorer non plus combien nous vivons aujourd'hui sous le poids de ce que Jean Vanier appelait l'autre jour à Grenoble une "tyrannie de la normalité" où l'on protège de moins en moins le plus petit et le plus pauvre au nom d'une liberté mise en avant...
Je n'en dis pas plus... Je vous laisse lire cette déclaration et réagir si vous le souhaitez...
Je reste perplexe et convaincu que défendre nos libertés c'est défendre la vie et les plus "petits" d'entre nous...

"La personne vulnérable, trésor d'humanité"

Quelle est notre attitude à l'égard des personnes les plus vulnérables ? La question se pose devant les deux propositions, du Comité Consultatif National d'Ethique et d'une loi sur l'euthanasie. D'une part, on étendrait la détection aux embryons humains atteints de la trisomie 21 pour ne pas les réimplanter dans le corps de la femme. D'autre part, on ouvrirait la voie à la suppression de personnes désirant ne plus vivre par une « aide active à mourir ». Ces deux propositions semblent s'appuyer sur une vision tronquée de la liberté. Actuellement, la sélection eugéniste et l'euthanasie sont interdites. Ces interdictions manifestent le respect de la dignité humaine intangible.

Les situations de handicap et de vieillesse sont complexes, souvent douloureuses, et ne se résolvent pas par des solutions simplistes. Elles font appel à la solidarité et cet appel est parfois un cri. Les citoyens l'ont entendu lors des Etats Généraux de la bioéthique en écrivant : « la maladie et le handicap n'altèrent pas l'humanité. » Reconnaître la dignité humaine des plus vulnérables passe par les interdits de l'eugénisme et de l'euthanasie. Il est indigne de l'homme et d'une société d'y consentir. Cela ne suffit pas. La dignité s'exprime aussi et surtout dans la solidarité effective.

Quelle est donc notre attitude devant nos frères et sœurs en humanité au début et en fin de leur vie ? Nous pensons à la générosité et au courage des parents accueillant leur enfant trisomique ou handicapé. Ouest-France vient de publier le témoignage de la mère d'un enfant trisomique. Nous pensons aussi à l'engagement d'éducateurs et de bénévoles auprès de personnes handicapées. Avec eux, nous sommes témoins de l'épreuve que celles-ci ont à porter, mais aussi du bonheur auquel chacune arrive par le chemin qui lui est propre. Nous reviennent aussi en mémoire les visages de personnes âgées qui, dans la diminution de leurs forces et parfois dans la maladie et le handicap, construisent jour après jour leur projet de vie. Nous pensons à celles et ceux travaillant à leur côté pour créer les espaces où chacune vivra à son rythme, trouvant ou retrouvant le bonheur de vivre. Nombre de leurs accompagnateurs s'inspirent de sainte Jeanne Jugan. Nous pensons aussi aux équipes médicales engagées dans les soins palliatifs qui sont à promouvoir.

Chaque personne vulnérable est un trésor d'humanité, pourvu qu'elle soit accueillie pour elle-même. La vulnérabilité fait peut-être peur. Elle sollicite tant de ressources d'humanité ! Les personnes vulnérables ont besoin de relations emplies de respect, d'écoute, de patience, de temps, etc. Devant l'impuissance ressentie, certains proposent de les supprimer. N'est-ce pas une insulte à leurs parents et aux personnes engagées auprès d'elles ? Si ces suppressions devenaient légales, ne remettraient-elles pas en cause le principe de solidarité qui fait vivre nos communautés humaines ?

Face à ces propositions, comme une insurrection silencieuse et éloquente, se dresse l'action ample, humble et fidèle de ceux et celles qui aiment les personnes handicapées ou âgées, et dont l'amour ne se paye pas de mot. Leur solidarité n'est pas une théorie. Elle exprime le sursaut de la dignité humaine consciente d'elle-même. Elle manifeste l'authentique compassion, ingénieuse pour ouvrir les chemins de vie adaptés à chacun. Elle est une force qui se propose à ceux qui blessent leur propre dignité en blessant l'humanité. Puissent ceux-là écouter cette force amie, si vive en notre société, et l'encourager.
 
Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes
Mgr Jean-Paul James, évêque de Nantes

Mgr Pierre d'Ornellas et Mgr Jean-Paul James accompagnent l'Arche Internationale et l'Arche en France, Association fondée en 1964 par Jean Vanier pour accueillir des personnes handicapées adultes et répartie dans 135 Communautés à travers le monde dont 26 en France.
Par Christophe Delaigue
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 18 novembre 2009
En voilà une idée !
Ceci dit, pensez à cette petite phrase de la messe, au début de la prière eucharistique : "Pour la gloire de Dieu et le Salut du monde"...

Aujourd'hui, les jeunes prêtres du diocèse (entendez ceux de moins de dix ans d'ordination) se sont retrouvés pour leur journée trimestrielle avec l'évêque. Nous étions une vingtaine (dont huit térangers qui viennent grossir nos rangs et nous apporter leur sensibilité pastorale !) ; et nous avions rendez-vous à la Grande Chartreuse, ce monastère un peu "mythique" que beaucoup de Français connaissent au moins de nom et un peu plus maintenant grâce au documentaire "Le grand silence" sorti en salles il y a trois ou quatre ans.
Au menu de cette journée des jeunes prêtres, une rencontre, ce matin, avec le Prieur Général de l'Ordre, le Révérend Père, Dom Marcellin. L'évêque lui avait demandé de nous parler de la prière et de la vie spirituelle.
Vaste sujet !

Il est parti de ce verset de l'évangile de Marc : "Venez à l'écart, dans un endroit désert, et reposez-vous"...
Voilà un appel qui s'adresse à chacun, à tout chrétien, comme aux moines mais aussi aux prêtres qui essayent de vous servir et d'annoncer la Parole de Dieu. Le centre de notre vie c'est de rechercher le Christ ; car il nous révèle le Père en ce qu'il est ce Dieu qui nous aime et qui a besoin de nous pour prendre soin de notre monde. Lire la Parole c'est découvrir Dieu, le laisser transformer nos coeurs et, par cette Parole, nous tourner vers le Père en nous unissant à lui comme le Christ en qui nous sommes nous aussi des fils, ceux de qui l'Esprit dit de la part du Père : "Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé en qui j'ai mis tout mon amour"...
Dom Marcellin nous disait qu'il nous fait entendre, de par notre baptême, ce que le Père dit au Fils comme nous étant adressé à nous aussi, personnellement !
La Parole... C'est elle - elle seule -, dans la prière, qui peut nous centrer et unifier notre vie, avec toutes ces occupations pastorales que nous avons, prêtres ; Il s'agit pour nous d'apprendre toujours plus à nous tenir en Sa présence, à vouloir, à essayer. Pour apprendre à y goûter et à vouloir toujours et encore chercher Dieu qui est là à nos côtés...

Ce que Dom Marcellin nous a partagé a ouvert à un beau dialogue entre nous... Comme peu souvent je crois.
Je me suis dit : "Mais moi, ce qui me sauve, c'est l'eucharistie" !
Elle me sauve en ce sens où m'est donné le Salut. Mais elle sauve ma vie spirituelle car chaque jour me voilà comme "obligé" à lire et entendre la Parole - le proclamer, même - et à en rendre compte pour d'autres ; elle m'invite, l'eucharistie, à accueillir le Christ qui se donne, comme il l'a prmomis, mystérieusement ; elle est ce lieu, ce temps, où je me reconnais pécheur, donc dépendant de cet amour radical de Dieu pour moi et pour chacun ; ce lieu et ce temps aussi où je rends grâce au Seigneur pour cette vie que je traverse avec tout son lot de joies, de découvertes, d'éblouissement parfois...
Ce qui me sauve, c'est l'eucharistie, car j'ai du mal, dans le tourbillon pastoral de mes journées, à m'arrêter, gratuitement, pour Celui pour qui je donne ma vie pour vous...
Me revenaient ces mots du Frère Christophe Lebreton, moine-martyr de Tibhirine, qui écrivit un jour : "N'être plus que le geste seul qu'il me faut devenir, eucharistie"...

Ces lignes ne sont que mon modeste témoignage, la mise en résonnance de ce que Dom Marcellin nous a partagé... Je pense que ses propos peuvent trouver écho en d'autres...
Laissez-vous interroger... !
Par Christophe Delaigue - Publié dans : Méditations
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 14 novembre 2009
Tiens... Mais quel drôle de titre... Non ?
Personnellement, je ne suis pas forcément un grand amateur de Bandes Dessinées ; et encore moins de tous ces Mangas dont les jeunes semblent raffoler aujourd'hui...
Pour les BD, je laisse cela à mon frère Olivier ; c'est lui le spécialiste et le grand amateur. Les Mangas, je ne sais trop...
J'avoue quand même que parfois je me laisse séduire...

"Bon... ! Il y vient à son sujet ? ..."
"Oui, oui... !"

Il y a quelques mois, on me conseille un Manga qui fait un ravage auprès de jeunes plutôt un peu difficilement scolarisés, et loin de la foi : "Le Messie" aux Editions BLF-Europe. Le livre est bien comme un Manga (sauf qu'il se lit à l'occidentale, pas à l'envers... dommage  diront certains !) ; même style de dessins, même style de dialogues (pour le peu que j'en connaisse !) ; avec ce beau sous-titre de couverture : "Vient-il détruire le monde ou le sauver ?"
En voilà une accroche ! En plus ça marche ! Cette fois nos jeunes ados lisent volontiers et même dévorent l'histoire de Jésus ! Et ça leur parle ! Je l'ai expérimenté chez des paroissiens !
Comme quoi... Si on sème, il arrive que ça puisse porter un jour quelques fruits... ! Certains mûriront-ils ? Nous verrons !
En tout cas, pour entretenir ce qui bourgeonne, voilà qu'un  deuxième Manga vient de sortir tout récemment ; c'est la suite, et le titre est encore plus accrocheur peut-être car mystérieux... "La Métamorphose". Quelques coups de croayons et quelques dialogues et nos jeunes peuvent se plonger dans le récit des actes des Apôtres, ni vu ni connu !

Ceci dit, tout le monde ne raffole pas de ce genre lttéraire... Il en faut, c'est vrai, pour tous les goûts... !
Si vous êtes plutôt BD classique, j'ai aussi ce qu'il vous faut avec le deuxième volume de la série "Le voyage des pères" ; là aussi, l'histoire de Jésus, très drôle et très finement vue et dessinée. Ici, ce sont des papas d'apôtres qui partent à la recherche de leurs fils qui sont partis avec ce mystérieux Jésus ; ils veulent comprendre et surtout retrouver leurs fistons ! Les voilà en route, eux aussi, à la suite de Jésus, même s'il sont à quelques distances ; nous les suivons au fil de leurs rencontres.
Vraiment c'est bien ; vraiment on passe un bon moment. Vivement le troisième volume (le dernier ?) ; le suspens nous tient (bien que nous connaissions la fin de l'histoire ; du moins celle de Jésus).

Si vous ne saviez pas quoi offrir à vos jeunes, cette année pour Noël, ou pour une confirmation, vous avez désormais quelques idées !
si vous êtes plutôt romans, je ne résiste pas à rappeler cette réussite littéraire et de foi (de mon point de vue) : L'évangile selon Pilate de E.-E. Schmitt. si vous ne connaissez pas, précipitez-vous !

Bonnes lectures !
Par Christophe Delaigue - Publié dans : Lectures
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 10 novembre 2009
La question est à la fois banale et... importante...
Banale car nul doute que beaucoup d'entre nous veulent construire un monde où la vie soit belle, plus en paix, où il fasse bon être ensemble...
Quoi que ce ne soit pas en fait le souci de tous...
D'où l'importance de cette question...
Il y a un enjeu d'avenir... Face auquel on peut vite se sentir un peu perdu ; nous savons bien que nous ne pouvons pas grand chose à notre petite mesure... Sauf qu'il ne faudrait pas oublier, comme disait Mère Térésa de Calcutta, que : "Ce que nous faisons est à peine une goutte d'eau dans l'océan mais si nous ne le faisions pas notre goutte d'eau manquerait à l'océan"...
Un appel à ce que chacun fasse tout ce qui est à sa mesure autour de lui. Et donc un appel à regarder autour de soi quels sont les lieux ou les personnes où je peux apporter ma petite pierre...

Plusieurs choses m'invitent à me poser cette question banale et importante.
Il y a la déclaration toute récente de nos évêques de France alors que Noël approche - "La charité du Crist nous presse"  (link) ; il y a aussi ce témoignage d'un évêque de Guinée qu'ils publient ces jours-ci sur leur site (link).

Et puis il y a ce film que j'ai vu hier soir, qui est d'un autre ordre, certes, mais qui me pose cette même question : Clones, avec Bruce Willis (link). L'idée est simple : pour vivre mieux et se protéger au maximum, tous peuvent vivre par procuration, grâce à un "clone" qui vit pour eux (notez que c'est plus un "robot" qu'un "clone" au sens scientifique du terme). Chacun peut ainsi faire ce qu'il veut, comme il veut, quand il veut (quasiment) sans que sa vie soit en danger et sans que celle des autres qui l'entoure soit véritablement touchée, physiquement.
Drôle d'idée... Sauf que ce film touche du doigt ce monde du virtuel qui se développe et dans lequel nous avançons sans forcément nous rendre compte des évolutions qu'il peut entraîner (je n'y connais pas grand chose mais ne serait-ce pas un "Second Life" non pas derrière son ordinateur mais dans un réel concret ? L'homme n'est plus derrière un écran, vivant ; il commande un "clone" qui vit pour lui pendant que lui reste couché en "vivant" par procuration dans une sorte d'état de quasi hibernation)...
Je ne veux pas me faire le chantre d'un anti-virtuel ; je reconnais les avantages d'internet et d'un certain nombre d'évolutions technologiques ! Mais parfois, c'est vrai, je m'interroge aussi sur ce que nous préparons, sur ce qui pourrait advenir... Il n'y a qu'à voir les avancées de la recherche médicale, positives par bien des aspects, mais terrifiantes aussi pour tout un tas de questions qu'elle soulève et qui deviendraient presque sans importances parfois, banales ou banalisées...
Je m'interroge...
Je n'y peux pas grand chose... Mais je peux me poser des questions et essayer de rester à l'écoute et en "alerte", du moins en attention à ce qui se passe...
Le film Clones nous invite à nous demander qu'est est l'essence ou l'essentiel de la vie, de la vraie vie... C'est au regard de notre réponse à cette question que nous pouvons vivre concrètement nos relations de chaque jour, que nous pouvons trouver comment prendre soin à notre mesure du monde qui nous entoure et de ceux qui sont là à nos côtés...

Je crois que c'est ce que Jésus nous invite à vivre... Une foi incarnée dans l'accueil et la construction de ce Royaume qu'il nous promet... et qu'il nous confie...
C'est ce que nous redit ce message des évêques dont je parle ci-dessus. Il m'invite à regarder autour de moi ceux qui sont là, dans la vraie vie, et à me demander ce que je peux apporter, même petitement peut-être, mais concrètement en tout cas.
Par Christophe Delaigue - Publié dans : Cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 8 novembre 2009
Petite page de pub... Une fois n'est pas coutume... !
Raisons familiales... !


Voici un nouvel orchestre grenoblois à l'avenir sans doute intéressant, au chef prometteur, au répertoire passionnant...
La Petite Philharmonie qui vient de voir le jour en septembre 2009, sous la baguette de mon frère jumeau Bruno, donnera son concert inaugural le 4 décembre prochain, à 20h30 à la salle Olivier Messiaen de Grenoble.
Venez soutenir ces musiciens qui osent se lancer dans cette belle aventure d'un orchestre original qui veut revisiter le répertoire classique et le premier romantisme.
Ce soir là, ils auront la joie et la chance de partager la scène avec un jeune pianiste talentueux avec qui ils interpréteront un concerto pour piano de Mendelssohn ; il s'agit de François-Xavier Poizat avec qui Bruno a déjà travaillé quand il dirigeait l'Orchestre Régional du Dauphiné ; à l'époque ils avaient notamment donné un concert à la prison de Varces, expérience assez inhabituelle et intéressante.

Pour ceux qui ne pourraient assister au concert inaugural du 4 décembre, rendez-vous le lendemain soir à l'église de Lan-en-Vercors.

Réservez dès maintenant vos billets !

Pour plus de renseignements : http://www.lapetitephilharmonie.fr
Par Christophe Delaigue
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Profil

  • christophedelaigue
  • : Christophe Delaigue
  • : Rhône-Alpes Isère Grenoble
  • : Je suis prêtre du diocèse de Grenoble-Vienne (Isère), ordonné le 26 juin 2005, en charge de la paroisse Ste Thérèse de l'E.J. (de Pontcharra et St Maximin à Tencin et La Pierre + Theys, Les Adrets et Hurtières - dans le Haut-Grésivaudan)
  • : 23/12/1978
  • : Musique Cinéma Lecture Spiritualité Jésus

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recommander

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés