Bonjour à toi, visiteur !

ic-ne-taize.jpgBonjour à toi qui viens visiter ce blog !
Je ne sais si tu y trouveras ce que tu cherches...
Je n'ai pas prétention à raconter des choses extraordinaires ; simplement déposer là quelques textes : soit mes homélies, ces commentaires de la Bible que je fais quasiment chaque semaine pour les communautés chrétiennes qui me sont confiées ; soit des impressions ou des présentations de livres que j'ai lu ou de films que je viens de voir...
J'ai tout simplement envie de partager ce que ces textes bibliques, ces romans, ces essais, ces films et ces musiques provoquent en moi et pourquoi je les recommande !
Affaire à suivre... Bonne visite !
Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 09:04

http://wtfru.fr/wp-content/uploads/2011/05/9782070131631FS.gifIl y a quelques mois je lisais Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan et m'interogeais, sur ce blog, sur le rapport à l'écriture, au pourquoi écrire comme acte de relecture de son histoire, comme accouchement à la vérité sur soi et son histoire, comme chemin d'acceptation, de mémoire et de libération.

Olivier, de Jérôme Garcin, vient compléter cette réflexion. L'auteur nous livre là le récit sur cette présence et les questions quant à son frère jumeau, décédé. Un récit où l'écriture permet de se révéler et de faire sortir ce qu'il y a en soi. Pour guérir et vivre. Car l'acte d'écriture, comme la parole pour d'autres, ou pour ouvrir à une parole jusque là impossible, permet une mise en mot salutaire.

Ainsi peut-on lire, p.57 : "on écrit pour exprimer ce dont on ne peut parler, pour libérer tout ce qui, en nous, était empêché, claquemuré, prisonnier d'une invisible geôle. Et qu'il n'y a pas de meilleure confidente que la page blanche à laquelle, dans le silence, on délègue ses obsessions, ses fantasmes et ses morts."

Et p.75 : "Heureusement, même si elle est venue tard, il y eut l'écriture. Elle m'a sorti du silence où je m'enfermais, m'a permis de désigner les ombres qui me hantaient, m'a soigné d'une pudeur maladive, m'a forcé à avancer toujours plus droit dans le devoir de vérité."

Un beau récit. Quelques longueurs peut-être mais un beau récit.

Jérôme Garcin, Olivier, Gallimard, 2012, 158 pages.

Par Christophe Delaigue - Publié dans : Lectures
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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 19:01

http://www.laprocure.com/cache/couvertures_mini/9782227483682.jpgAlors que nous votons dans quelques jours... voici un tout petit livre (une petite soixantaine de pages dans un petit format de poche !) qui voudrait "bousculer" ou "réveiller" ou mieux encore "éclairer" les catholiques français sur l'appel de l'évangile à ce que nous soyons présents au monde et acteurs d'espérance et de transformation de ce monde - à notre mesure évidemment ! - et notamment quant aux questions politiques. Le livre n'a nullement pour objet de nous dire pour qui il faudrait voter ou les grandes principes de la morale catholique sur tel ou tel sujet qui traverse les débats électoraux actuels. Non, c'est plutôt une réflexion de fond sur l'appel de l'évangile à vivre incarné dans ce monde qui est le nôtre, à y agir au regard des valeurs de l'évangile et plus encore de notre foi au Christ, et à y discerner ce qu'on peut appeler les signes des temps, au regard de ce que notre foi chrétienne et l'évangile nous invitent à mettre en oeuvre en terme d'écoute de ce monde, de regard posé sur les situations et sur chacun, dans le respect de la dignité de toute personne humaine, dans une logique inconditionnelle de solidarité et celle de ce que l'auteur appelle un "développement enraciné et durable".

L'auteur, Mgr Claude Dagens, évêque d'Angoulême et membre de l'Académie française, nous offre là des pages stimulantes sur ce thème qui est le sous-titre de ce petit livre : "Foi en Dieu et démocratie". Personnellement c'est la première des deux parties qui m'a le plus intéressé - "En des temps d'incertitude, la présence des catholiques" - plus que la seconde, légèrement plus difficile à lire - "Crise économique et crise de la démocratie ?" La préface de l'ancien ministre Roger Fauroux est, elle aussi, plus que stimulante !

Mgr Claude Dagens, Catholiques et présents dans la société française. Foi en Dieu et démocratie, Bayard, avril 2012, 64 pages.

Par Christophe Delaigue - Publié dans : Lectures
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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 12:09

http://www.ddbeditions.fr/book_images/peres-les-pratiques-autour-de-la-mort-1.jpg

 

Tel était le titre d'un colloque de l'ISEO (Institut Supérieur des Etudes Oecuméniques) où j'étais en étude jusqu'en septembre dernier. Ce colloque qui s'est déroulé fin janvier 2010 voit ces jours-ci la publication de ses actes. Un livre aux diverses contributions dont une que je remarque plus aprticulièrement même si elle ne fait pas aprtie des plus intéressantes : la mienne ! On m'avait demandé à l'époque un témoignage sur ma pratique comme prêtre dans l'Eglise catholique et sur les questions pastorales qui se posent à mon Eglise. Sept modestes pages qui disent comment je vois les choses et comment nous essayons de les livre sur ma paroisse. C'est toujours d'actualité !

Le livre, plus largement, est intéressant pour ceux qui veulent se pencher sur cette question de la pastorale des funérailles et des pratiques de nos Eglises chrétiennes quant à la mort. Les contributions, certes, ne sont pas toutes égales, comme dans tout colloque. Mais c'est de qualité.

Pratiques autour de la mort, enjeux oecuméniques, sous la direction de Jacques-Noël Pérès, DDB, 2012, 259 pages.

[Notes pour ceux qui chercheraient ce livre : la couverture de l'exemplaire que je viens de recevoir de l'éditeur est légèrement différente de l'image ci-dessus mais je n'arrive pas à la trouver sur internet ; celle-ci est prise sur le site de DDB éditions et devait donc être un premier projet de couverture.]

Par Christophe Delaigue - Publié dans : Lectures
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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 11:59

Funérailles de Papi (Jacques Delaigue - 92 ans) / Bourg Argental (42), 16 avril 2012

[1Th 4,13-14.17d-18 / Ps 129 (130) / Lc 12,38-38.40]

 

Je dois vous avouer que ce matin, j’ai un peu de mal à préparer ces quelques lignes… Notamment, c’est toujours une question pour moi de savoir comment nous recevons ces textes, les uns et les autres. Il est vrai que je ne sais pas grand-chose de votre foi ni de vos questions ou de vos doutes. Je ne sais d’ailleurs pas grand-chose non plus de la foi qui habitait mon grand-père. Je sais juste, comme vous, que la mort reste, quoi qu’il arrive, une question, pour vous comme pour moi. Et que même dans la Bible, et donc pour la foi chrétienne, elle reste une question aussi.

A la suite de Jésus, dont nous avons fêté la résurrection dimanche dernier, St Paul a cette assurance que nous avons entendue dans la 1ère lecture que la mort n’est pas la fin de tout. Nous le savons bien, d’ailleurs, si nous voulons bien y regarder de plus près : quoi qu’il arrive, la mort n’efface pas ce qui a été vécu, et quoi qu’il arrive toute vie donnée et tout amour vécu jusqu’au bout sont toujours plus forts que tout mal et que toute mort. L’espérance en la résurrection est bien de cet ordre là. Certes, nous allons mourir – certes Papi est mort – mais est-ce la fin de toute vie et de toute présence pour autant ? La question se pose depuis des milliers d’années et dans toutes les civilisations ont fait ce constat d’une espérance qui reste plus forte que la vie ne soit pas détruite complètement par la mort. La mort comme passage pour une autre présence. Mystérieuse, c’est vrai, improuvable, c’est vrai aussi, mais de l’ordre de la foi, c’est-à-dire d’une confiance et d’une espérance.

Si nous sommes chrétiens, nous croyons que Jésus est ressuscité. Il est bien mort, comme nous ; et il a souffert, comme nous. Mais Dieu nous ouvre par sa mort et sa résurrection un passage. Si Dieu existe – ce que je crois – et si Dieu est vraiment Dieu, alors il peut très bien ressusciter son Fils, Jésus. Et si Dieu est bien celui dont nous parle Jésus, celui qui voudrait sauver tous les hommes, s’ils veulent bien se laisser rejoindre par lui et accueillir par lui, alors la résurrection n’est pas de l’ordre de l’impossible pour nous non plus. Et c’est bien ce que nous célébrons cet après-midi.

Pour moi, c’est vraiment de l’ordre de cette espérance là, dans la confiance, du coup, que si Jésus est ressuscité et mystérieusement présent à nos côtés, comme il nous l’a promis, alors nous pouvons lui ouvrir notre cœur et lui confier notre tristesse comme nos questions. Je pense à cette phrase qu’il a dans l’évangile de Matthieu : « Venez à moi vous tous qui peinez, je vous donnerai le repos », la paix du cœur. C’est bien ce que nous sommes invités à vivre avec cette célébration.

Mais la résurrection, cette promesse de résurrection qui nous est faite, c’est aussi pour moi un appel. Un appel qui rejoint ce texte d’évangile que nous venons d’entendre. Mort et ressuscité, Jésus n’a peut-être pas d’autre mode de présence aujourd’hui que ce que nous sommes, ouverts à son Esprit Saint, sa force de vie et d’amour qu’il offre à qui veut bien la lui demander. Je dis souvent que nous sommes aujourd’hui les mains par lesquelles Dieu peut prendre soin de notre monde et les voix par lesquelles il peut être annoncé mais plus encore par lesquelles des paroles de vie et de consolation peuvent être prononcées. « Restez en tenue de service » a dit l’évangile. A la veille de sa mort, Jésus a invité ses disciples à prendre la tenue de service ; servir c’est se mettre à la hauteur de l’autre pour écouter et entendre ce dont il a besoin, pour le regarder avec des yeux et un cœur qui ne jugent pas mais qui gardent confiance qu’en chacun, quoi qu’il arrive, il y a une parcelle de bon et de beau à révéler et à faire grandir.

Peut-être que nous ne savons pas trop qui est Dieu ni s’il existe. Mais c’est appel à aimer et à prendre soin, nous pouvons déjà le mettre en pratique, et ça c’est bien du côté de la vie. Je le disais tout à l’heure, je ne sais pas plus que cela qu’elle fut la foi de mon grand-père, mais ce que je sais c’est qu’il a pris toute sa vie et tant qu’il a pu la tenue de service dont parle l’évangile et qu’il s’est donné sans compter notamment comme médecin.

Je prie aujourd’hui pour que Dieu l’accueille auprès de lui, évidemment. Mais plus encore je prie pour vous ; je prie pour que nous osions faire, chacun, ce pari de confiance en la résurrection, et que nous osions même demander au Christ cette paix du cœur qu’il nous promet. Alors nous pourrons continuer à vivre et à avancer et nous pourrons à notre tour rester en tenue de service.

Nous prenons quelques instants de silence, en musique, pour laisser résonner tout cela en nous et pour oser ce pari de confiance en Dieu et en sa présence consolatrice, lui qui veut pour chacun de nous la paix du cœur.

 

Par Christophe Delaigue - Publié dans : Méditations
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 16:46

 Le Cheylas, 6 avril 2012 (Vendredi Saint)

Sg 2,13 ; 3,1-6.9 / Ps 102 / Jn 12,24-28

 

Ces jours-ci, nous fêtons, dans l’Eglise, la mort et la résurrection de Jésus, ce dont il a justement été question dans cet évangile qu’on vient d’entendre. Sans doute qu’un certain nombre d’entre vous s’interroge… Je ne sais pas d’ailleurs quelle est votre foi les uns et les autres, je ne sais pas comment nous recevons ces textes qu’on vient d’entendre, je ne sais même pas qui est Dieu pour vous ni ce que ce mot évoque… Ce que je sais juste c’est que nous sommes là, cet après-midi; et qu’un certain nombre d’entre nous se demandent bien pourquoi Dieu ne fait rien, s’il existe, pourquoi est-ce qu’il ne nous protège pas.

Je fais comme vous le constat que la mort et la souffrance sont un mystère qui traverse notre vie – qui traverse toute vie. La Bible et la foi chrétienne ne répondent pas au pourquoi de tout cela. Elles en font le constat en même temps qu’elles disent l’expérience de croyants en un Dieu qui est là quand même. Et au cœur de notre foi, il y a le Christ, Jésus, ce Fils de Dieu dont vient de parler l’évangile. En Jésus, par Jésus, Dieu est venu nous rejoindre dans ce qui fait notre vie d’homme. Il l’a fait pour de vrai, jusqu’à traverser lui aussi, dans son corps, ce mystère du mal et de la mort. Nous voudrions croire en un Dieu qui nous protège et qui nous empêche d’avoir mal, et voilà que notre Dieu meurt, lui aussi, sur une croix ; c’est ce que nous célébrons en ce jour du vendredi saint.

Au pied de la croix, les gens, comme nous, se sont interrogé. Et comme nous ils se sont dit : si Dieu existe, alors qu’il fasse quelque chose, qu’il l’empêche de mourir ; « Si tu es le Fils de Dieu, sauve-toi ». Et comme nous, Jésus a eu peur et il a douté : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Et il est mort. Comme si Dieu, comme si son Père, n’avait rien fait ou n’avait rien pu faire…

Sauf que pour les chrétiens, l’histoire ne s’arrête pas là : Jésus est ressuscité ; ce que nous fêterons dès demain soir. Mystère incroyable, c’est vrai, mais qui pourtant vient nous dire le mystère de toute vie : quoi qu’il arrive le mal et la mort n’ont pas le dernier mot, malgré les apparences peut-être, mais quoi qu’il arrive la vie et l’amour jusqu’au bout sont plus forts.

Et nous le voyons bien, dans notre propre vie, ce que nous avons vécu ensemble, ce qui donne ou a donné sens à notre vie, personne ne peut nous l’enlever ; et notamment le fait d’aimer et d’être aimé, voilà qui nous fait vivre et qui donne sens à ce que nous sommes, bien au-delà des épreuves que pourtant nous avons à traverser.

C’est vrai que nous croyons du coup en un Dieu qui ne supprime pas le mal et la souffrance. Il n’est pas ce magicien qui pourrait intervenir dans nos vies à sa guise. Non… Mais nous croyons que Dieu, au cœur des épreuves de nos vies, peut nous aider à avancer quand même. C’est le mystère de la résurrection. Nous croyons que Jésus est là avec nous, puisqu’il l’a promis, et donc que si nous le lui demandons, dans le secret de nos cœurs, et si nous essayons de lui faire une place dans notre vie, alors il peut porter avec nous ce fardeau qui nous accable. Ce ne sera pas magique, mais petit à petit la paix du cœur peut nous gagner.

Et nous croyons que ce Dieu là, il vient à notre rencontre par ceux qui sont là autour de nous et qui nous aident à nous relever, ceux qui essayent de vivre, jour après jour, concrètement cet appel à aimer qui traverse tout le message de Jésus…

Cet après-midi, quelle que soit notre foi, quelles que soient nos questions ou nos révoltes, j’aimerais juste que nous osions ce pari de confiance que si Jésus est bien ressuscité alors il nous promet nous aussi cette résurrection ; une présence différente, c’est vrai, mais la promesse de cette vie éternelle où nous nous retrouverons.

Et j’aimerais surtout que nous osions cet autre pari de confiance que s’il est bien ressuscité, alors il peut nous aider à avancer, si nous le voulons, si nous le lui demandons. Et sa présence, ou au moins la paix qui peut gagner nos cœurs, voilà qui nous permettra, petit à petit, de continuer à vivre et à aimer autour de nous.

 

Par Christophe Delaigue - Publié dans : Méditations
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  • Le blog de Ch. Delaigue
  • Christophe Delaigue
  • Prêtre du diocèse de Grenoble-Vienne (Isère), ordonné le 26 juin 2005, en charge de la paroisse Ste Thérèse de l'E.J. (Pontcharra, St Maximin, Le Cheylas, Goncelin, Tencin, La Pierre, Theys, Les Adrets et Hurtières - dans le Haut-Grésivaudan)
  • 23/12/1978
  • Cinéma Lecture Foi Prière Théologie

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