Partager l'article ! Homélie dimanche 19 février 2012: Dimanche 19 février 2012 - T.O. 7 / B Les Adrets (sam. soir) / Allevard / Le Touv ...
Dimanche 19 février 2012 - T.O. 7 / B
Les Adrets (sam. soir) / Allevard / Le Touvet (dim. soir)
Jésus est là. Vous l’avez entendu, la foule se presse. Il fait même salle comble. Il n’y a plus de place. Et il annonce la Parole.
La Parole… De quoi s’agit-il ? Il leur parle de Dieu, son Père ? Il leur parle du Royaume de Dieu ? Il leur parle de l’amour de Dieu pour nous et de l’appel à aimer et à vivre pour la justice ? Il leur parle du salut ? De quoi leur parle-t-il donc ?
Jésus est la Parole de Dieu. C’est ce que nous avons affirmé le jour de Noël, avec, comme évangile, le Prologue de Jean : « Le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous ». Par Jésus, par cet homme Jésus qui est aussi son Fils, Dieu vient nous parler, il est venu à notre rencontre pour nous dire qui il est, lui le Père aimant ; et il vient nous dire qui nous sommes et ce que nous sommes appelés à devenir, à la suite de Jésus… Jésus est la Parole, la Parole de Dieu. Pas que des mots ou des idées. Mais une Parole efficace : il fait ce qu’il dit ; il est ce salut qu’il annonce. C’est d’ailleurs la suite de notre texte.
Jésus, donc, parle. Et voilà qu’un homme arrive, avec d'autres. Sans doute veut-il voir ou entendre Jésus. Peut-être veut-il être guéri ? On ne sait pas. On nous dit juste deux choses : (1) qu’il n’y a pas de place pour lui, donc pas de place pour une rencontre possible avec Jésus ; et (2) qu’il ne peut pas être là tout seul, qu’il a besoin d’être entouré, d’être accompagné, d’être porté…
On ne sait rien de sa foi. C’est d’ailleurs en voyant la foi non pas de cet homme mais celle de ses brancardiers que Jésus va le guérir de son péché. Ce qui importe donc ce n’est pas d’abord la foi personnelle, mais c’est la rencontre qui se produit…
Je m’arrête un instant. Qu’en est-il pour nous, pour chacun de nous qui sommes là à la messe, pour vous comme pour moi ? Pourquoi sommes-nous là ? Est-ce que nous venons pour des mots et des idées sur Dieu, ou est-ce que nous sommes là pour découvrir le Christ qui, je le crois, est là lui aussi, mystérieusement présent, le Christ qui veut se donner à nous, le Christ qui accepte de se livrer entre nos mains, se livrer à ce que nous sommes, le Christ qui se propose à nous par cette Parole que nous proclamons – est-ce que nous l’écoutons vraiment d’ailleurs ? – et par ce Pain et ce Vin par lesquels il nous promet le don de lui-même pour nous et en nous ? Pourquoi est-ce que nous sommes là ? Et pourquoi, parfois, n’avons-nous pas envie de venir ?
Dans la 1ère lecture, Isaïe nous a dit : « Voici que je viens faire du nouveau, il germe déjà. Ne le voyez vous pas ? » Est-ce que nous croyons en cela ? Est-ce que nous y croyons que Dieu veut vivre avec nous pour être celui qui porte avec nous nos joies comme nos épreuves, nos questions et nos doutes, nos aspirations au bonheur et à l’amour vrai, l’amour plein ? Est-ce que nous y croyons qu’avec Jésus c’est en train de germer tout cela, pour nous, ou que ça pourrait germer si nous osons lui faire cette confiance là comme un pari de la foi ?
Jésus guérit notre homme. Il lui pardonne ses péchés. C’est étonnant d’ailleurs ce qui se passe. La guérison ne vient qu’en seconde place, dans un second temps, comme une confirmation de ce qui est premier, le salut comme guérison des péchés, le salut comme pardon des péchés… Je crois que spontanément, aujourd’hui, nous préférerions la guérison physique et miraculeuse, spectaculaire, une sorte de preuve de l'existence de Dieu, plutôt que le pardon des péchés. On ne voit plus trop ce que c’est le péché… Vous avez de la chance, nous allons justement avoir tout le carême pour y réfléchir ; et tout le carême pour demander au Seigneur quels chemins prendre pour accueillir en vérité sa Parole et sa présence ; quels chemins prendre pour vivre autour de nous cette Parole et cette présence ; quels chemins prendre, enfin, pour que Dieu donne sens à ce que nous vivons, chacun, aujourd’hui.
Je reviens à notre paralytique. Quelle était la foi de cet homme ? Et quelle est notre foi à nous ? C’est dur, parfois, de croire. Parce que la vie, ça arrive, nous paralyse, et même, pour certains, parce qu’elle nous cloue au sol. Ça peut être dur de croire… Par contre, il nous arrive de voir quand même grâce à qui nous avons pu chercher, déjà, la présence de Dieu ; il nous arrive de voir quand même grâce à qui nous avons pu, déjà, goûter un peu à ce salut annoncé par Jésus, ce salut qu’il nous invite non seulement à accueillir mais aussi à vivre concrètement pour ceux qui nous entourent ; et il nous arrive de voir grâce à qui, enfin, nous continuons à croire, à petit pas, même si parfois nous doutons ou si nous nous posons des questions, grâce à qui nous continuons à croire que la foi peut/pourrait donner sens à ce que nous avons à vivre.
Avec vous, je rends grâce ! Je rends grâce pour tous ces hommes et toutes ces femmes, ces amis, ces proches ou ces frères et sœurs dans la foi, tous ceux qui nous portent et qui permettent une rencontre de Dieu qui relève ou qui remette debout… Je rends grâce ; et je vous invite à rendre grâce, maintenant, dans le silence de vos cœurs, pour tous ces visages… Rendre grâce ; c’est bien cela, d’ailleurs, le sens de ce mot : « eucharistie ». Et c’est bien ce que nous sommes invités à célébrer à l’invitation de Jésus lui-même, lui, le Christ, qui ne demande qu’une chose : que nous voulions bien nous ouvrir à lui, et à son Esprit Saint qui est force de vie et d'amour, je le crois, nous ouvrir à lui, le Christ, pour que notre vie en soit petit à petit transfigurée et sauvée. Amen.
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